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scénario de
Federico Fellini, Enno Flaiano, Pier Paolo Pasolini, Tullio Pinelli
et Brunello Rondi; musique de Nino Rota; noir et blanc;
durée 166 mn. Palme d'Or Cannes
1960
Marcello, chroniqueur mondain, sillonne
Rome à la recherche du scandale et du sensationnel. Toujours
entouré d’une nuée de photographes, il
fréquente avec détachement les lieux les plus
à la mode et la haute société romaine.
Au cours d’une tournée, il rencontre son amie
Maddalena, une riche héritière
désœuvrée. Ils passent la nuit dans la chambre
d’une prostituée complaisante.
Le lendemain matin, Marcello trouve Emma, sa compagne
régulière, inanimée auprès d’un
tube vide de comprimés. Il la conduit à
l’hôpital. Elle en réchappe.
A l’aérodrome de Rome, arrivée triomphale de
Sylvia, grande star hollywoodienne : cortège bruyant,
conférence de presse cacophonique.
D’autres événements futiles se succèdent
ainsi, marques au coin de la débauche et de la
désespérance. Le père de Marcello tente de
retrouver sa jeunesse avec des femmes faciles mais rentre chez lui
précipitamment à la suite d'un malaise.
Marcello enquête sur un miracle qui
s'avère faux. L’écrivain esthète et
intellectuel, Steiner, l’ami de Marcello, se suicide
après avoir tué ses enfants. Marcello s’enlise
de plus en plus dans un milieu en voie de
décomposition.
La fin est assez pessimiste, après une nuit très
agitée, il se retrouve sur une plage où
s'échoue un poisson (la religion chrétienne?)
monstrueux et mort depuis longtemps. Enfin, sur la dernière
scène, Marcello reste insensible à l'appel d'une
jeune fille pure irrémédiablement
séparé de lui par une rivière
dérisoire.
Ce film long (près de trois heures)
est découpé en une série de récits
disjoints dont Marcello est le seul point commun et cependant
parfaitement cohérent grâce à la rigueur de
l'écriture et l'unité du ton
adopté.
Fellini pose le décor et les enjeux
du film dès l’ouverture de celui-ci : on y voit une
statue représentant le Christ, rattachée à un
hélicoptère, volant au dessus et
s’éloignant progressivement de Rome. Double symbole:
Le Christ, emporté par la modernité, déserte
et Fellini prend ses distances avec tout ce qui fondait son
cinéma jusqu’alors en remettant en cause et la
société dans laquelle il vit et sa manière de
filmer jusqu'alors rattaché à l'école
néoréaliste .
Son style évoque désormais Luis Buñuel,
comme lui il décrypte les pulsions contradictoires, la
décadence des mœurs mais ne porte pas de jugement,
à l'image de Marcello, témoin le plus neutre possible
et du jeu de Mastroianni, minimaliste..
En dépit du mouvement permanent du film, rien ne semble
bouger.
Fellini déclare: "Je prends la température
d’un monde malade; mais si le mercure indique 40°C au
début du film, il en indique également 40°C
à la fin. Rien n’a changé".
Les personnages répètent les mêmes actions,
s’enferrent dans des modes de fonctionnement. A force
d’en avoir trop vu, ils regardent sans voir, tel, à la
fin du film, l’atroce poisson échoué sur le
rivage qui contemple d’un œil mort
l’immensité du ciel.
Le film n’offre pas au spectateur de
personnages auquel il pourrait s’identifier tant Fellini aime
nous mener par la main dans son labyrinthe
cinématographique. Le film peut être
considéré comme une espèce de voyage une Rome
imaginée ( le film a été entièrement
tourné en studio), voyage ponctué selon les moments
du film par la musique, visible à l’écran par
l’entremise de musiciens jouant de leurs instruments, que
celle-ci soit Rock, Jazz ou bien Musique de Chambre.
La dolce Vita a provoqué des
réactions violentes à sa sortie. Le succès
auprès du public ne fût pas immédiat mais ample
et profond.
Par contre l'Église, qui avait apprécié La
Strada (1954) pour sa thématique de la
rédemption, lança ses foudres contre le film,
menaçant d'excommunier l'équipe du film et même
les spectateurs.
Et pourtant jamais Fellini ne montre de complaisance envers ses
personnages décadents et seuls les aspects les moins nobles
de la religion sont attaqués, comme ce culte populaire des
miracles qui confine à la superstition.
Ce film a fortement
influencé à la fois la société et les
acteurs:
La dolce vita a remplacé le titre français "La
douceur de vivre"et est même devenue une expression courante
en français.
La Via Veneto, entièrement reconstituée en studio, va
s'efforcer de ressembler à son modèle fellinien,
large et plate
Mastroianni, qui n'était au début pas prévu
pour le rôle (dévolu à Paul Newman) est devenu
l'acteur fétiche et le double de Fellini.
Lex Barker, qui joue le rôle d'un acteur américain
ringard ayant joué Tarzan avit effectivement joué ce
rôle à 5 reprises entre 1949 et 1953, dont Tarzan and
the She-Devil de Kurt Neuman
Anita Ekberg, ex-Miss Suéde apprécia à ce
point l'Italie qu'elle y poursuivît sa vie.
Un jeune musicien, Adriano Celentano, voit sa carrière
lancée par le film.
Et enfin le photographe Paparazzo, qui passe son temps à
harceler les vedettes, a donné son nom à tous les
"paparazzi" du monde.
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