avec Nanni Moretti, Laura Morrente, Jasm Trinca
Palme d'Or méritée à Cannes 2001,ce film présente une analyse rigoureuse, intime et juste des conséquences de la mort du fils qui pertube à des degrés divers toute la famille, même le père, psychiatre expérimenté. Mais progressivement un espace se dégage pour une lente reconstruction.
Le personnage de Giovanni, que Moretti incarne depuis son premier film, cherche à transformer la société. Volontiers donneur de leçon, il nous donne des pistes pour se révolter contre une société qui n'accorde plus d'importance à la beauté des gestes, des paroles et des actes. Parallèlement à sa vie personnelle qui l'a conduit de célibataire marginal à celui de jeune père de famille, porte-drapeaux du cinéma italien, Moretti accorde une place de plus en plus grande à la famille et à la mise en scène : n'hésitant dorénavant plus à ciseler la mise en scène de ses films comme les grands maîtres hollywoodiens et à construire l'image d'une famille idéale.
Moretti superpose la légende antique à la légende biblique : la grotte est un labyrinthe et Ariana arrive trop tard. Giovanni préfère, dans les photos de sa chambre prises par Andrea, celle où il est plié sous le bureau. Cette posture, de même que la chambre elle-même dans la maison, évoquent une possible prison dans laquelle un père trop possessif voudrait maintenir son fils.
Loin d'être un film sur le deuil, un film sur l'acceptation de la mort, La chambre du fils offre plutôt des pistes pour apprendre à se séparer de ses enfants. Car si le paradis, c'est la famille, il faut aussi apprendre à se séparer de ses enfants avant qu'il ne soit trop tard et a construire autour de ce qu'ils ont créée : ici une relation amoureuse.